2068 boulevard Édouard à Saint-Hubert

Violence conjugale et mariage forcé

roses-1420719_1280

Le mariage forcé n’est pas un mariage valide selon notre droit. Il est dit forcé lorsqu’une l’une des parties, ou les deux, ne donne pas son consentement à l’union. Il est vrai qu’il n’est pas en soi synonyme d’horreur et de violence conjugale. Comme tous les mariages, il peut ou ne pas y avoir de la violence conjugale au sein du couple. La violence conjugale est un phénomène distinct du mariage forcé, du mariage tout court.

La violence conjugale s’exerce au sein d’une relation de couple, le plus souvent en quatre temps. D’abord la tension s’installe entre les deux conjoints, généralement des regards menaçants au conjoint vulnérable qui commence à ressentir des inquiétudes et à analyser ses propres gestes. Ensuite vient la « crise », où la violence s’exerce. Après la crise, le conjoint violent rationalise, se convainc qu’il n’est pas en faute et tente d’expliquer à la victime les raisons qui l’ont poussé à agir de la sorte allant parfois jusqu’à la convaincre qu’elle est responsable des gestes qu’elle a subis. Après c’est « la lune de miel ». Le conjoint agresseur supplie la victime de le pardonner, lui promet de changer. Il peut même invoquer le suicide pour remédier à la situation, amplifiant ainsi le sentiment de culpabilité chez la victime et la dissuadant d’aller chercher de l’aide de peur que la situation ne dégénère.

Quant à la relation entre deux époux mariés de force, elle n’est pas basée sur un lien affectif, par conséquent le cycle de la violence conjugale n’a pas lieu. La victime ne vit que la « crise », la violence sans répit, de la part de l’époux d’abord et de la part de sa belle-famille, de sa famille voire de sa communauté ensuite.

En effet la victime a à faire face à une multitude d’oppresseurs. Nouvellement mariée, elle peut être appelée à aller vivre chez la famille de son époux où elle devra vivre sous leur autorité. La belle-mère et la belle-sœur vont souvent user de violence physique et psychologique pour rabaisser la nouvelle épouse et lui montrer qu’elles sont en charge de la maison. Elles vont souvent lui attribuer les tâches les plus ingrates et peuvent lui infliger des blessures si elle refuse d’obtempérer ou si elles jugent qu’elles ne sont pas accomplies comme il se doit.

La situation est souvent aggravée par le fait que la famille de la victime ne lui fournit aucun support. Lorsqu’une nouvelle mariée se plaint à sa famille des actes de son mari ou de son nouvel entourage, cette dernière aura tendance à voir dans son appel à l’aide une forme d’ingratitude ou une façon de continuer à manifester son désaccord au mariage. La famille va réprimander le comportement de leur fille en lui expliquant que son comportement ne peut que les déshonorer.

Inform’elle, 2018

N.B.: L’information contenue dans le présent article est d’ordre général. Chaque situation mérite une analyse spécifique. Pour de plus amples renseignements concernant le droit familial, téléphonez à la ligne d’information juridique d’Inform’elle 450 443-8221 ou au 1 877 443-8221 (sans frais) ou consultez une personne exerçant la profession d’avocat ou de notaire.


Règle d’interprétation : la forme masculine peut inclure le féminin et vice versa.

Dans la même catégorie

Harcèlement en milieu de travail

notebook-2386034_1280

Stéphanie est nouvellement engagée comme journaliste. Elle est très enthousiaste à l’idée de débuter son emploi, mais rapidement, elle est confrontée à des comportements insistants et répétitifs de son collègue Pierre qui lui fait des remarques désobligeantes et commentaires à allusions sexuelles. Stéphanie se sent humiliée et cela affecte sa productivité au travail.

Procédures abusives et violence conjugale

fist-1148029_1280

La violence conjugale est une problématique sociale qui se manifeste à tous les âges, dans tous les types de relations amoureuses, dans toutes les communautés culturelles, et dans tous les groupes sociaux.

Viol et établissement de la paternité

woman-5857744_1280

Le projet de loi 12, qui a été adopté en mai 2023, apporte des changements importants pour protéger les familles, en particulier les enfants nés d’agressions sexuelles. Ces nouvelles règles s’inspirent de l’histoire d’Océane, une jeune mère qui a dû lutter pour empêcher son agresseur de devenir le père légal de son enfant.