Elle poursuit : « Parfois, il me parle comme si j’étais stupide. Il dit que je suis chanceuse qu’il me supporte… Et la dernière fois, quand j’ai voulu sortir voir des amies, il m’a interdit de partir en cassant un vase dans le salon. »
Annie commence à comprendre que Sophie pourrait être victime de violence conjugale. Mais ce n’est pas seulement ce que son mari dit ou fait ; c’est aussi ce que cela provoque chez Annie. Elle anticipe toujours ses réactions, marche sur des œufs, et semble isolée.
Ces mots, ces comportements, sont autant de signaux que quelque chose ne va pas. Mais sauriez-vous reconnaître la violence conjugale sous toutes ses formes ? Car elle ne se limite pas aux coups et blessures. Elle peut être verbale, psychologique, économique, sexuelle ou physique, se manifestant de façon subtile ou brutale.
Violence verbale : utilisée pour intimider, humilier ou contrôler une personne.
- Insultes, condescendance, paroles dénigrantes à l’égard de l’autre, sarcasmes
- Chantage et menaces
- Ordres et paroles méchantes ; « Arrête de dire des conneries si tu ne veux pas te faire traiter de conne! »
- Ton de voix élevé, agressif, menaçant et hurlements
Violence psychologique : utilisée pour avoir ou garder le contrôle sur quelqu’un. Une personne agit de façon inconsidérée envers l’autre, notamment en la critiquant constamment, en la rabaissant, en la faisant douter d’elle-même ou en l’isolant de son cercle sociale.
- Critiques à répétition
- Chantage. « si tu me quittes, je vais me suicider ! »
- Accuser la victime pour un comportement violent. « C’est de ta faute si j’agis de même ! »
- Silence : une personne qui boude pendant des heures, voire jours.
- Ignorance : une personne qui fait semblant de ne pas vous voir/entendre.
Violence physique : peut entrainer des conséquences physiques et psychologique graves sur les victimes. Cette forme de violence est souvent cachée, elle ne se produit généralement pas dans un endroit public ou devant des témoins.
- Blesser la victime : frapper, bousculer, brûler, mordre, taper, contraindre physiquement, retenir
- Toute atteinte à l’intégrité physique de la personne
- Homicide
Comportements à surveiller chez la victime : La victime porte fréquemment des victimes qui cachent tout son corps, elle sursaute à la moindre occasion, elle prétend être maladroite pour justifier ses bleus.
Violence sexuelle : utilisé pour dominer une personne ou la déstabiliser dans ce qu’elle a de plus intime. Inclut tout geste sexuel qui n’a pas été consenti.
- Attouchements ou relations sexuelles non désirées et non consentantes (viol, agression sexuelle)
- Pression à l’égard de la fréquence ou de la performance des rapports sexuels
- Incitation et pression dans l’optique d’amener la victime à exercer des pratiques sexuelles qu’elle ne désire pas
- Harcèlement et manipulation pour des rapports sexuels
- Brutalité non désirée lors des actes sexuels
Violence économique :
- Contrôle des ressources financières et interdiction d’accès (budget, comptes de banques)
- Surveillance des activités économiques de l’autre
- Imposition d’une dépendance à l’autre en matière financière
- Mauvaise gestion du budget familial : dépenses importantes pour des biens ou des services non nécessaires, excessivement chers, pouvant mettre en péril les finances familiales
Le cercle vicieux de la violence conjugale :
En outre, la violence conjugale entraîne souvent les victimes dans un cercle vicieux. L’observation de ce cercle vicieux peut aussi constituer un indice d’une situation de violence conjugale. Les principales phases de ce cercle sont :
- Période de tension : colère, menaces implicites, ce qui rend la victime inquiète.
- Crise ou agression : violence verbale, psychologique, physique, sexuelle ou économique.
- Justification : l’agresseur se justifie et la victime tente de comprendre, finit par s’attribuer une part de responsabilité.
- Réconciliation : excuses, rédemption de l’agresseur, promesse de changer et de se soigner ; pardon et aide de la part de la victime.
Lorsqu’on observe ce cycle, c’est souvent signe qu’il y a violence conjugale. Par exemple, une femme qui quitte son conjoint violent pour ensuite le pardonner et revenir vers lui, et repartir ensuite pour revenir…cela constituerait alors un indicateur d’un contexte de violence conjugale.
Pour aider une personne victime de violence conjugale, vous devez donc d’abord reconnaître les indicateurs d’un comportement violent ainsi que l’attitude de la victime, et reconnaître les indices. Si c’est le cas, il faut intervenir.
Ressources utiles :
- S.O.S. violence conjugale
Région de Montréal : 514 873-9010 – Sans frais : 1 800 363-9010
www.sosviolenceconjugale.ca
- Centres d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC)
Sans frais : 1 866 LE CAVAC (1 866 532-2822)
www.cavac.qc.ca
- Fédération des maisons d’hébergement pour femmes : Pour trouver une maison d’hébergement dans votre région : http://fede.qc.ca/maisons