Les modifications apportées visent à éliminer les comportements répréhensibles en rendant plus fermes les protections. Elles visent aussi à améliorer les recours possibles pour les victimes en les rendant plus accessibles.
Quelles sont ces modifications?
Loi sur la santé et la sécurité du travail
Tout d’abord, la nouvelle loi offre une nouvelle définition du terme « violence à caractère sexuel » :
« Toute forme de violence visant la sexualité ou toute autre inconduite se manifestant notamment par des gestes, des pratiques, des paroles, des comportements ou des attitudes à connotation sexuelle non désirés, qu’elles se produisent à une seule occasion ou de manière répétée, ce qui inclut la violence relative à la diversité sexuelle et de genre. »
Le législateur cherche à établir une distinction entre les termes « violence à caractère sexuel » et « harcèlement sexuel ». La violence à caractère sexuel est un concept plus large qui englobe tout geste, parole ou comportement sexuel non désiré, même s’il ne se produit qu’une seule fois. Le harcèlement sexuel, lui, se manifeste plutôt par des comportements répétés à connotation sexuelle qui créent un climat hostile ou humiliant.
Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles (LATMP)
La nouvelle loi vient restreindre le droit d’accès d’un employeur au dossier médical d’un employé que possède la CNESST au sujet de la lésion professionnelle dont il a été victime. En effet, l’employeur n’a maintenant plus le droit d’accéder au dossier médical de son employé. Le représentant de la santé de l’employé est le seul à y avoir accès et il ne communique à l’employeur que les informations nécessaires. La loi prévoit aussi des amendes pénales en cas d’infraction.
Toujours au niveau de la LATMP, la nouvelle loi prévoit une nouvelle présomption légale spécifique aux blessures ou maladies qui résultent d’une violence à caractère sexuel. Autrement dit, la loi considère automatiquement qu’une maladie ou une blessure d’un travailleur est liée à son travail si elle découle d’un geste de violence sexuelle commis par son employeur ou un supérieur.
Loi sur les normes du travail
Plusieurs modifications sont prévues. Voici les plus pertinents :
- Hausser les amendes en cas d’infraction aux dispositions concernant le harcèlement psychologique ;
- Prévoir que le Tribunal administratif du travail peut ordonner à l’employeur de verser des dommages-intérêts punitifs à une personne salariée victime de harcèlement psychologique, même si elle est également victime d’une lésion professionnelle résultant de ce harcèlement.
Code du travail
La nouvelle loi prévoit deux changements. D’abord, la loi oblige maintenant les arbitres qui s’occupent de plaintes pour harcèlement psychologique à suivre une formation sur la violence à caractère sexuel. Ensuite, elle permet à l’une ou l’autre des parties de demander une rencontre préparatoire avant l’audience d’un grief.
En somme, cette loi adoptée le 27 mars 2024 marque une étape importante dans la lutte contre la violence et le harcèlement en milieu de travail. En modifiant plusieurs lois déjà en vigueur, le législateur renforce la protection des travailleurs et améliore les recours offerts aux victimes. Ces changements visent non seulement à prévenir les comportements inacceptables, mais aussi à rendre les procédures plus humaines, plus accessibles et mieux adaptées à la réalité des victimes. Il s’agit donc d’un avancement concret à des milieux de travail plus sécuritaires, respectueux et équitables.