La jalousie d’Alexis ne fait qu’empirer au fil du temps et ils ont remarqué qu’elle venait de moins en moins à leurs soirées. Mais cela va encore plus loin, il accuse constamment Juliette d’avoir des relations amoureuses avec ses collègues et commence à contrôler ses tenues vestimentaires. Désormais, Juliette craint pour sa propre sécurité mais aussi pour celle d’Alexis, car celui-ci menace de se suicider si elle le quitte un jour.
Juliette se sent de plus en plus isolée et prise au piège dans sa relation. Elle se confie à une de ses amies, qui lui parle de violence conjugale. Mais elle proteste en disant qu’elle ne subit pas de violence physique.
Le contrôle coercitif, la cage invisible de la violence conjugale
La violence conjugale ne se limite pas uniquement à des agressions physiques. Il est parfois difficile de détecter les signes de cette violence, qui peuvent se manifester sous plusieurs formes : violence verbale, psychologique, sexuelle, économique ou autres formes de violence. Le contrôle coercitif n’est pas une nouvelle forme de violence conjugale, mais un schéma de comportements qui s’inscrit dans la violence conjugale.
En fait, le contrôle coercitif s’installe graduellement par un ensemble d’attitudes et de gestes contrôlants et continus, qui peut se manifester à travers la multiplication de règles injustifiées, la restriction des libertés, l’isolement, le blâme, les humiliations, etc. Au fil du temps, la victime se sent prise dans une cage invisible où elle vit dans un état de tension quasi permanent.
Des exemples concrets incluent la combinaison ou la répétition des actes suivants : user de violence contre certaines personnes, tenter ou menacer de le faire, contraindre ou tenter de contraindre le partenaire intime à une activité sexuelle, ou agir de toute autre manière qui laisse croire au partenaire que sa sécurité, ou celle d’une personne qu’il connaît, est en danger.
Des modifications ont été apportées au Code criminel canadien afin de criminaliser les comportements coercitifs ou contrôlants à l’égard des partenaires intimes. Une nouvelle disposition érige désormais en infraction le fait d’exercer un contrôle coercitif sur un partenaire intime. Cette disposition entrera en vigueur le 18 juin 2028 et toute personne déclarée coupable de cette infraction sera passible d’un emprisonnement maximal de dix ans.
Le contrôle coercitif peut aussi s’inscrire dans une dynamique familiale où, par exemple, un parent exerce un contrôle nuisible au bien-être psychologique et au développement des enfants.