2068 boulevard Édouard à Saint-Hubert

Enregistrer une personne à son insu

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De plus en plus de conjoint.e.s tentent d’enregistrer leur ex-partenaire à leur insu dans le but d’utiliser l’enregistrement comme preuve devant les tribunaux. Est-ce permis, et à quelles conditions?

Tout d’abord, pour qu’un enregistrement soit recevable en preuve, il faut que la personne qui l’a réalisé ait elle-même participé à la conversation. Enregistrer une conversation privée à laquelle on ne participe pas constitue une infraction criminelle, puisqu’il s’agit d’une atteinte au droit à la vie privée.

Cependant, si vous êtes vous-même un membre de la conversation, il est généralement permis d’enregistrer l’échange sans obtenir le consentement de l’autre personne. Cela dit, plusieurs conditions doivent être respectées pour que cet enregistrement soit ensuite admissible en preuve :

  • Le moyen technologiqueutilisé doit être fiable et crédible, puisque le tribunal peut exclure la preuve obtenue de manière attentatoire aux droits fondamentaux.
  • Il faut pouvoir démontrerl’authenticité de l’enregistrement, souvent par le témoignage d’une personne partie à la conversation, ou par tout autre moyen attestant qu’il ne s’agit pas d’un montage.
  • L’enregistrement doit êtreintègre : il ne doit pas avoir été découpé, monté, modifié ou altéré. Il doit contenir l’entièreté de l’échange, permettre d’identifier clairement les voix, et présenter une qualité sonore suffisante.
  • La conversation doit êtrepertinente au litige, c’est-à-dire qu’elle doit réellement contribuer à prouver un fait en litige.
  • L’enregistrement ne doit pas avoir été obtenu en portant atteinte aux droits des enfants, en les instrumentalisant ou en créant un climat néfaste. Si tel est le cas, il pourrait êtreexclu.
  • L’enregistrementne doit pas porter sur une tentative de règlement, une offre de négociation ou un échange en contexte de médiation familiale, puisque ces discussions sont confidentielles.

 

Exemple inadmissible

Paul installe un micro dans la chambre de son enfant, sans que Julie ne le sache, afin de démontrer que Julie élève la voix fréquemment. Paul ne participe pas à la conversation, l’enregistrement porte atteinte à la vie privée de l’enfant, et il a coupé des extraits pour orienter l’interprétation.
L’enregistrement sera exclu, notamment parce qu’il porte atteinte de façon inacceptable aux droits fondamentaux et à l’intérêt de l’enfant.

Exemple admissible

Marc prétend que Lisa a fait preuve de violence psychologique envers leur enfant et qu’elle a caché une partie de ses revenus, faussant le calcul de la pension alimentaire. Marc détient un enregistrement authentique, complet, où il participe lui-même à la conversation, et qui montre clairement ces faits.
Cet enregistrement pourrait être admis, puisqu’il vise à protéger l’intérêt de l’enfant, lequel prime en matière familiale.

Inform’elle, 2026

N.B.: L’information contenue dans le présent article est d’ordre général. Chaque situation mérite une analyse spécifique. Pour de plus amples renseignements concernant le droit familial, téléphonez à la ligne d’information juridique d’Inform’elle 450 443-8221 ou au 1 877 443-8221 (sans frais) ou consultez une personne exerçant la profession d’avocat ou de notaire.


Règle d’interprétation : la forme masculine peut inclure le féminin et vice versa.

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