Au Québec, les couples de même sexe ont le droit de se marier depuis 2004. En effet, avant cette date, seule l’union civile, instaurée en 2002, donnait des droits et des obligations très similaires au mariage civil, mais avec quelques distinctions. L’union civile a été créée avant tout pour offrir aux couples de même sexe une reconnaissance juridique équivalente au mariage, à une époque où cela leur était interdite. Un jugement de la Cour supérieure du Québec a donc invalidé les dispositions législatives qui interdisaient l’accès au mariage pour les couples de même sexe. À l’échelle canadienne, ce droit a été consacré en 2005 avec l’adoption de la Loi sur le mariage civil, garantissant ainsi le droit au mariage peu importe l’orientation sexuelle des couples.
Aujourd’hui, les époux, peu importe leur orientation sexuelle, ont le droit de s’unir civilement ou de se marier, et ils sont assujettis aux mêmes droits, devoirs et obligations que tous les autres époux. Cependant, malgré cette reconnaissance juridique établie depuis plus de vingt ans, le droit au mariage homosexuel comporte encore quelques limites et les couples de même sexe peuvent être confrontés à certains obstacles.
D’une part, un couple de même sexe qui souhaite célébrer un mariage religieux peut être confronté à un refus. En effet, la loi reconnaît aux ministres du culte la liberté de refuser de célébrer un mariage qui serait contraire à leurs convictions religieuses. Ainsi, un prêtre catholique pourrait refuser de célébrer un mariage entre conjoints de même sexe. Toutefois, un célébrant laïc ne peut refuser de procéder à un mariage pour ce motif.
D’autre part, bien qu’un mariage entre personnes de même sexe soit pleinement valide au Québec et au Canada, il peut ne pas être reconnu à l’étranger. En effet, à l’échelle mondiale, le mariage entre conjoints de même sexe est pleinement reconnu dans seulement 37 pays, et partiellement reconnu dans 35 pays. À l’opposé, l’homosexualité constitue un crime dans 65 pays à travers le monde. Ainsi, un couple marié au Canada qui s’installe dans l’un de ces pays pourrait voir son mariage privé de reconnaissance juridique.