La loi ne reconnaît pas un droit explicite aux grands-parents de voir leurs petits-enfants. Il prévoit toutefois que les enfants ont le droit d’entretenir des relations personnelles avec leurs grands-parents, dans la mesure où cela est dans leur intérêt. Ce droit appartient donc à l’enfant, et non au grand-parent.
En droit de la famille, l’intérêt de l’enfant constitue un principe fondamental. Il englobe non seulement ses besoins physiques, mais aussi ses besoins moraux, affectifs, intellectuels ainsi que son besoin de stabilité. Le juge évalue chaque situation dans sa globalité afin de déterminer ce qui favorisera le mieux le développement harmonieux de l’enfant, tant sur le plan émotionnel que physique.
L’âge de l’enfant constitue également un facteur déterminant. Dès l’âge de 14 ans, les tribunaux accordent une grande importance à son opinion, lui permettant de décider librement s’il souhaite ou non maintenir des liens avec ses grands-parents. Entre 10 et 14 ans, l’opinion de l’enfant est souvent prise en considération, surtout si elle est exprimée de manière claire et réfléchie. Si l’enfant a moins de 10 ans, c’est seulement si c’est dans l’intérêt de l’enfant qu’il y aura accès aux grands-parents, quel que soit l’avis de l’enfant.
Le tribunal tranche si conflit entre parents et grands- parents, et évalue au cas par cas, en tenant compte du niveau de maturité et de compréhension de l’enfant.
Plusieurs avenues s’offrent aux grands-parents qui souhaitent maintenir un lien avec leurs petits-enfants. La première consiste à recourir à la médiation familiale. Cette démarche favorise le dialogue entre les parties et peut mener à une entente à l’amiable, sans devoir passer par les tribunaux. Si une entente est trouvée, le ou la médiateur/trice pourra en rédiger une version écrite résumant les termes convenus. Toutefois, cette entente n’a pas de force obligatoire tant qu’elle n’est pas homologuée par le tribunal ou intégrée à un jugement.
Lorsque la médiation n’aboutit pas ou s’avère impossible, le grand-parent peut s’adresser au tribunal en déposant une demande de droit d’accès. Il reviendra alors au juge de déterminer si le maintien de la relation entre l’enfant et son grand-parent est véritablement dans l’intérêt de l’enfant.